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Une ville, une fresque, une histoire

L’art du travail bien fait est quelque chose qui nous obsède chez AtticorA. Il y a une histoire, une philosophie derrière ces constructions. Dans une même lignée mais dans un secteur bien différent, c’est ce qu’a cherché à faire Ernest Pignon Ernest au travers d’une fresque murale urbaine, art que l’on appelle aujourd’hui « street art ».

Je dis « aujourd’hui », car en 1979, date à laquelle l’artiste a réalisé son œuvre, ce n’était pas encore un moyen d’expression à part entière. Ernest Pignon Ernest a réalisé cette fresque sur l’un des pans de murs de la Bourse du Travail de Grenoble, dans le quartier de Villeneuve. Celle-ci retrace l’histoire de cette ville au caractère bien trempé et qui a toujours su se démarquer, et ce jusqu’à aujourd’hui : la limitation à 30 km/h dans le centre-ville grenoblois ou la fin de la publicité en sont des preuves.

Dans le même lieu et dans un autre temps, cette œuvre de street art en est également une preuve. Ernest Pignon Ernest a cherché à entremêler différents dessins, articles et affiches politiques et syndicales afin d’inviter les passants à réfléchir sur la place du travail dans la société, ainsi que ses bienfaits et ses dangers. Là encore, la rétrospective est assez amusante : la problématique du burn-out dont on nous parle aujourd’hui à toutes les sauces semblait déjà d’actualité il y a près de 40 ans.

Voici un extrait des mots de l’artiste interrogé à l’époque : « A cette époque, je m’interrogeais sur le rôle de l’artiste. Peu à peu s’est imposé un thème lié à la dégradation de l’organisme dans certains postes de travail, les agressions invisibles, lentes qui rongent l’organisme pendant des années, fumées, bruits, pollutions diverses… J’avais choisi de traiter une réalité qui n’est pas la mienne, faire une œuvre qui n’est pas la mienne, faire une œuvre qui exprime ce qui est implicite dans une société et que seuls l’art ou la poésie peuvent mettre à jour. Pour saisir toutes les richesses de cette réalité, j’avais besoin de travailler avec ceux qui vivent ces problèmes au quotidien… J’ai dessiné un personnage qui servait d’image de base sur laquelle viennent se superposer à la sérigraphie – pochoir, déchirure gravure, bombage… »

C’est également à cause de ces agressions invisibles que la fresque a souffert, qui l’ont rongé année après année. A la fin du mois de mai s’est donc achevée une campagne de financement participatif initiée par l’association Spacejunk. Cette association a vu le jour en 2003 et représente des formes artistiques en développement, comme le street art – d’où ce projet -, le board culture ou encore le pop surréalisme. Cette campagne leur a permis de récolter un peu plus de 50 000€, la base nécessaire pour mener à bien ce projet. Ils ont donc pu rénover 5 mètres de haut et les 14 mètres de large de cette fresque et le rendu est absolument superbe. Cette fresque a été inaugurée dimanche dernier, pour célébrer la fin du street Fest élaborée par cette même association.

Voici la fresque en 1979, date de sa création :

Fresque création

Voici la fresque en 2015 avant qu’elle soit rénovée :

Freque non rénovée

Et voici le résultat après rénovation :

Fresque rénovée

Si vous souhaitez la voir entièrement et personne devant, vous savez ce qu’il vous reste à faire !

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